Pour en finir avec les contre-vérités sur la dette d’Asnières

A près de quatorze mois des prochaines élections municipales, il est temps de montrer aux Asniérois comment, dans sa campagne électorale de 2008, Sebastien Pietrasanta les a dupés en usant de contre-vérités, de fausses promesses et d’arguments fallacieux.
A près de quatorze mois des prochaines élections municipales, il est temps de montrer aux Asniérois comment, dans sa campagne électorale de 2008, <a href="http://www.lagazettedescommunes.com/78613/le-maire-dasnieres-condamne-pour-non-respect-du-droit-dexpression-de-lopposition-2/">Sebastien Pietrasanta les a dupés en usant de contre-vérités, de fausses promesses et d’arguments fallacieux</a>.

Parmi ces derniers, l’un des plus perfides consistait à suggérer qu’emprunter à long terme pour financer les équipements serait une faute morale, notamment à l’endroit des générations futures . L’opposition d’alors claironnait, une pince sur le nez, que cela revenait à « faire rembourser les dépenses contractées pour les Asniérois d’aujourd’hui par les générations futures ».

L’un des tracts où Sébastien Pietrasanta s’engageait à ne pas augmenter les impôts.

Quel « bon père de famille » agirait de la sorte dans sa vie privée ? Les enfants, c’est sacré, et nous sommes responsables de leur avenir. On comprend dès lors que cette connotation moralisatrice de l’argument ait pu faire basculer le vote de certains asniérois.

La majorité socialiste a réutilisé cette théorie en 2009, pour justifier la hausse de 20 % des impôts locaux (Anières Infos n°296, page 20), alors que son candidat Pietrasanta avait promis, dans un tract : « En réalité nous n’augmenterons pas les impôts (au-delà du coût de la vie) ».

Emprunter n’est pas une faute

Pourtant, si l’on y réfléchit un peu, l’argument moralisateur de campagne était doublement stupide.

  1. Une génération, c’est à peu près 25 ans. C’est aussi une durée courante pour les emprunts longs. En vérité, la première « génération future », celle qui naît au moment de l’emprunt, ne commencera à payer des impôts que lorsque la dette s’éteindra. C’est donc bien la génération actuelle qui paye, pas les suivantes.
  2. Les équipements financés ont des durées de vie bien plus longues que les emprunts (environ quatre fois plus). Ils seront utilisés par quatre générations, alors que l’investissement sera payé par une seule, ce qu’illustre le tableau suivant :
    génération qui paye générations utilisatrices
    Maison de retraite, culture,… n n-1, n, n+1, n+2
    Stade, espaces verts, parkings,… n n, n+1, n+2, n+3
    Crèches, maternelles, écoles,… n n+1, n+2, n+3, n+4

Il n’y a rien de scandaleux ou d’immoral dans tout cela ; bien au contraire il y a une justice intergénérationnelle! On peut même ajouter qu’il y a une justice à l’égard des habitants anciens par rapport aux nouveaux arrivants. Car, faute de l’étalement dans le temps permis par l’emprunt, ce sont les anciens qui supporteraient toutes les charges tandis que les nouveaux habitants profiteraient aussi des équipements.

Emprunter est de saine gestion

S’interdire la possibilité d’emprunter reviendrait à se priver d’équipements nécessaires ou à devoir attendre d’avoir épargné les capitaux suffisants. Mais chacun sait que l’épargne d’une ville ne peut générer d’intérêts, ce qui lui fait perdre du pouvoir d’achat en raison de l’érosion monétaire. Attendre revient donc à s’appauvrir !

Le tableau ci-dessus a montré que, pour des constructions qui peuvent durer très longtemps, un siècle parfois, il est justifié d’emprunter sur du long terme. C’est pourquoi, la pratique de l’emprunt à long terme s’est répandue dans les municipalités de tous bords politiques.

Par contre, s’il s’agit d’équipements à courte durée de vie physique, ou à risque d’obsolescence technique rapide (programme de vidéosurveillance, matériels informatiques pour les écoles, flotte de transport communale, …), l’emprunt doit être à court terme et, si des capacités d’autofinancement existent, elles doivent être utilisées en premier.

La gestion de Manuel Aeschlimann…

Ce qui précède démontre que l’emprunt est un mode de financement normal des investissements publics.

Dès lors que le principe d’un emprunt est retenu, la seule bonne question à se poser est celle des capacités budgétaires : autrement dit, la collectivité aura-t-elle les ressources suffisantes pour supporter le poids de la dette ? Si on fait le parallèle avec le budget d’un ménage, observons que, pour faire droit à une demande de prêt, le banquier vérifie que l’ensemble des dettes anciennes plus la nouvelle n’entraineront pas une charge supérieure à 30% des ressources du foyer.

A Asnieres cette condition est largement remplie, puisque, selon les chiffres officiels du Ministère des Finances [1], le poids annuel de la dette était de 11.3 M€ en 2007, soit 10.8% des recettes (104 M€) et, en 2009, de 13.5 M€, soit 11.5% des recettes (117 M€). Une charge tout à fait supportable. Il faut d’ailleurs remarquer que le « poids » d’une dette comprend une part de remboursement du capital, qui n’est pas une perte puisque compensée par la valeur du bien acquis. Seuls les intérêts sont une vraie dépense ; mais c’est aussi le prix à payer pour bénéficier tout de suite des équipements.

Pour être tout à fait complet, il faut rappeler que la commune affichait, au 31 décembre 2000, une dette de 105 M€, née au cours des mandatures précédentes [2].

La part de dette imputable à l’équipe Aeschlimann n’est donc pas de 182 M€ (encours au 31 décembre 2007), contrairement aux amalgames distillés pendant la campagne de 2008 par l’opposition d’alors, mais de 77 M€. Cet accroissement de dette (+77M€) a permis la réalisation de nombreux équipements dont les Asniérois profitent aujourd’hui : crèches, jardins d’enfants, centres sportifs, culturels, programme de vidéo-protection, tout en maintenant une pression fiscale modérée, en améliorant progressivement la capacité d’autofinancement (de nulle voire négative en 2000-2002 à 10 M€ en 2007) et en constituant une réserve de précaution de 17 M€ !

La gestion de Manuel Aeschlimann, qui a consisté à emprunter sur du long terme pour les équipements lourds, et à réserver une source d’autofinancement pour les projets plus courts, était donc à la fois juste dans ses principes et raisonnable dans son application.

Les Asniérois jugeront

Tout ceci doit inciter les citoyens d’Asnières à ne plus se laisser abuser par les attaques injustifiées de l’actuelle majorité envers l’équipe précédente, pas plus que par ses leçons de morale, qui ne servent qu’à masquer une triste vérité :

Les Asniérois ont été trompés sur toute la ligne ! Les impôts augment, la dette diminue trop peu, les entreprises ne viennent pas, les investissements sont insignifiants, l’insécurité augmente, et la qualité de vie se dégrade jour après jour.

Mais dans quatorze mois ils réagiront, c’est certain.


Christian Ginisty

Retraité, marié, 2 enfants, 5 petits enfants, 2 arrière-petits enfants.

Diplômé de l’École Centrale de Paris. Ingénieur militaire principal honoraire. Ancien cadre supérieur dans l’énergie et l’environnement.

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