L’opacité de M. Pietrasanta autour d’un individu présumé djihadiste

Alors que l'actualité braque ses projecteurs sur l'intervention française contre les mouvements terroristes au Mali, un coup de filet vient de permettre l'arrestation d'un individu impliqué dans des actions terroristes, qui aurait été en contact avec des jeunes Asniérois.
Alors que l'actualité braque ses projecteurs sur l'intervention française contre les mouvements terroristes au Mali, un coup de filet vient de permettre l'arrestation d'un individu impliqué dans des actions terroristes, qui aurait été en contact avec des jeunes Asniérois.

L’attitude ambiguë du maire d’Asnières dans cette affaire que l’opposition avait révélée il y a quelques mois, nous conduit à douter de son niveau d’information sur l’environnement des structures éducatives et para-scolaires asniéroises.

En novembre dernier, on apprenait de sources journalistiques concordantes qu’un « animateur scolaire » asniérois aurait été interpelé alors qu’il tentait de passer le Niger pour rejoindre le Mali afin de combattre aux côtés d’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI). Cette information déconcertante nous alerta, comme de nombreux parents. Pour mémoire, un coup de filet anti islamiste avait eu lieu peu de temps avant dans plusieurs villes françaises, dont Asnières.

Lors du conseil municipal de novembre 2012, notre groupe a donc déposé une question orale, en vue d’interroger le maire sur les faits relatés par la presse et informer par la même occasion les familles légitimement inquiètes.

Au mois de novembre dernier, le problème était posé de façon factuelle, dans les termes suivants :

« Monsieur le Maire, la presse a fait état de l’interpellation d’une personne présumée appartenir à des mouvements fondamentalistes alors qu’elle se rendait dans un camp d’entrainement djihadiste au Mali. Cette personne se serait déclarée comme travaillant pour la commune d’Asnières.

Qu’en est-il ?

Si ces faits sont confirmés, pouvez vous préciser le centre de loisirs où la personne exerçait comme animateur ? Indiquer si les familles ont été informées et par quel moyen ? Enfin, préciser si une enquête interne a été décidée pour mieux connaître l’environnement professionnel de cette personne et la nature des contacts qu’elle a pu avoir avec les enfants ? ».

Dans sa réponse, au lieu de s’en tenir aux faits, S. Pietrasanta a d’abord pris le soin de tenter de disqualifier les sources journalistiques qui avaient évoqué l’affaire. Une attaque en forme de boomerang puisque de nombreux médias de la presse nationale et internationale (ReutersEurope 1, Le Figaro20 minutes, Le Parisien, le Point, etc.) évoquent aujourd’hui l’arrestation d’un islamiste, ancien animateur à Asnières.

Puis, il a affirmé avoir fait toutes les recherches dont il était capable et ne pas avoir trouvé de trace de cet individu à Asnières : ni dans les services municipaux, ni dans le cadre des actions pilotées par le Centre Communal d’Action Sociale, ni au sein des associations asniéroises…

A la lumière des informations que les médias relaient d’une même voix depuis 24 heures, en ce qui concerne l’arrestation, ce matin, du présumé djihadiste ayant des liens avec Asnières par un commando de la DCRI, que faut-il penser des déclarations du maire d’Asnières?

  • Quelles dispositions a t-il prises pour vérifier l’authenticité des faits rapportés par la presse?
  • A t-il pris la peine de se rapprocher des services de renseignement spécialisés ?
  • A t-il saisi le Procureur de la République, s’agissant de faits supposés ressortir d’une législation spéciale et très sensible, le terrorisme?
  • Comment expliquer que le maire d’une commune de 85 000 habitants s’en tienne à interroger la DRH de la mairie et quelques associations (fussent-elles compétentes et  appliquées dans leurs missions), s’agissant d’un sujet si grave?
  • Pourquoi les usagers des services publics asniérois n’ont-ils pas été informés après que cette information eût circulé il y a quelques mois?

En somme, le maire d’Asnières t-il -oui ou non- pris les choses à la légère ?

Quand on prend le temps de réécouter sa réponse, ce qui choque, c’est le ton réprobateur qu’il adopte, à l’endroit d’une opposition qui lui demande simplement d’informer la population sur des faits présumés. Sûr de lui, faisant comme toujours la morale et la leçon, dans cette posture outragée dans laquelle il se drape désormais, dès que l’opposition fait son travail : contrôler son action et lui demander de la transparence….

Pour terminer, précisons que si la très grande majorité des intervenants auprès des jeunes asniérois fait son travail avec compétence, honnêteté et éthique, dans le cadre des lois et des règlements en vigueur, s’il est hors de question de céder à quelque amalgame au détriment de populations qui n’ont rien à voir -ni de près de loin- avec l’islamisme , le maire a la responsabilité de protéger sa population, en raison de ses compétences de police administrative et judiciaire, et de veiller, dans le cadre du fonctionnement des services publics, à la stricte application des principes républicains, dont la laicité et la neutralité font assurément partie.

Dernière minute

Après s’en être une fois de plus pris à l’opposition qui ne fait que le questionner sur des informations de la presse, qui cite des sources judiciaires et policières, M. Pietrasanta a fini par publier un communiqué de presse – suite à la recommandation de Manuel Aeschlimann sur twitter ! – où il indique :

Aujourd’hui, les services spécialisés de police et la Préfecture des Hauts-de-Seine ont confirmé que Cédric Lobo n’a jamais été employé par la municipalité d’Asnières.

Il répond ainsi, enfin, à l’une des interrogations exprimées dans notre article.

Affaire à suivre.

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